Accueil JusticeLes conditions propices pour avoir une justice indépendante et crédible restent à améliorer» Guillaume Ngefa ministre de la Justice

Les conditions propices pour avoir une justice indépendante et crédible restent à améliorer» Guillaume Ngefa ministre de la Justice

Lors du briefing conjoint du mercredi 17 septembre 2025, le ministre d’État Guillaume Ngefa a exposé les fondements de son mandat à la tête du ministère de la Justice, dans un contexte marqué par la fragilité des institutions, la défiance citoyenne et l’urgence de restaurer la crédibilité républicaine. Son intervention, à la fois lucide et engagée, s’est articulée autour de quatre priorités stratégiques, portées par un constat sans détour sur l’état du système judiciaire congolais.

Un diagnostic sans complaisance

Le ministre a dressé un tableau sombre mais nécessaire :

  • Manque d’indépendance de la justice
  • Multiples cas de corruption à tous les niveaux
  • Déficit criant d’infrastructures et de magistrats
  • Perception négative de la justice par la population

« Les conditions propices pour avoir une justice indépendante et crédible restent à améliorer. »

Ce constat, partagé avec le Conseil supérieur de la magistrature, appelle une réforme profonde, structurée et multisectorielle.

Les quatre priorités du mandat Ngefa

  1. Lutte contre la corruption dans toute la chaîne judiciaire

Le ministre ne se limite pas aux magistrats : il évoque une chaîne de responsabilités qui inclut huissiers, greffiers, avocats et autres auxiliaires de justice. Il annonce une collaboration étroite avec le Conseil supérieur de la magistrature pour imposer des sanctions exemplaires et restaurer la confiance citoyenne.

« En matière de contentieux, l’État est victime d’une mafia bien organisée. »

Cette réforme vise aussi à améliorer le climat des affaires, en garantissant une justice transparente, prévisible et non instrumentalisée.

  1. Amélioration des conditions de détention

Le ministre a lancé un cri d’alerte sur la situation carcérale, notamment dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga. À Kasapa, près de 800 détenus souffrent de tuberculose, dans des conditions sanitaires qu’il qualifie d’« inacceptables ».

« Nous devons nous assurer que les compatriotes que nous envoyons en détention ne soient pas comme des personnes que nous envoyons au mourroir. »

Le personnel pénitentiaire, lui aussi, travaille sans assurance, exposé à la contamination et au risque physique, dans un environnement institutionnel négligé.

  1. Modernisation de l’administration judiciaire

Pour restaurer la crédibilité du système, le ministre mise sur la digitalisation des procédures, afin de prévenir les pertes de dossiers et les manipulations. Il cite l’incendie du greffe de Kasapa en 2020 comme exemple de vulnérabilité. Il annonce également la création d’un parquet financier, chargé de défendre les intérêts de l’État dans les litiges économiques.

  1. Renforcement de l’État de droit et couverture judiciaire nationale

Face au désert judiciaire dans plusieurs territoires, le ministre annonce une cartographie des besoins du secteur, en partenariat avec le Conseil supérieur de la magistrature. Objectif : mieux répartir les magistrats, réhabiliter les juridictions, et garantir une présence judiciaire effective dans les 26 provinces.

Ce programme de réforme, porté par une parole claire et une volonté politique affirmée, vise à repositionner la justice comme levier de gouvernance, de protection citoyenne et de souveraineté nationale.

Face à la crise, le gouvernement affirme sa détermination à reconstruire une justice crédible, accessible et digne, au service de la République et de ses citoyens.

Jipi.

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