Le lundi 27 octobre 2025, l’Assemblée provinciale de la Tshopo a voté à l’unanimité la destitution du gouverneur Paulin Lendongolia. Une décision prise en son absence, alors qu’il se trouvait à Kinshasa pour répondre à une convocation officielle. Le président de l’Assemblée provinciale, Mateus Kanga, a qualifié cette absence d’«outrage» envers l’institution, malgré l’ordre de mission signé par la vice-ministre de l’Intérieur autorisant le déplacement du gouverneur.
Mais derrière cette procédure expéditive, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer un complot politique orchestré par certains députés provinciaux, motivés moins par des griefs fondés que par des intérêts personnels et des ambitions partisanes. Ce vote est intervenu dans un climat national tendu, où les gouverneurs de province eux-mêmes avaient dénoncé, lors de la 12ᵉ Conférence des gouverneurs à Kolwezi, la multiplication de motions fantaisistes qui entravent leur action.
Le chef de l’État, Félix Tshisekedi, avait alors donné des instructions fermes pour mettre fin à ces pratiques qui nuisent au développement des provinces. Car depuis son élection à la tête du gouvernorat, Paulin Lendongolia s’est distingué par une série d’actions concrètes en faveur du développement de la Tshopo, au point de déranger certains équilibres établis.
Un mandat marqué par l’action et la proximité
Depuis son entrée en fonction, Paulin Lendongolia a misé sur une gouvernance de terrain, rompant avec les pratiques bureaucratiques et les promesses non tenues. Parmi ses réalisations les plus marquantes, il y a lieu de signaler:
Réhabilitation des infrastructures routières
- Lancement des travaux de réfection de la route Kisangani–Ubundu, facilitant le transport des biens et des personnes.
- Appui aux projets de désenclavement des zones rurales, notamment dans les territoires de Basoko et Isangi.
Électrification et accès à l’eau - Installation de mini-centrales solaires dans plusieurs communes périphériques de Kisangani.
- Réhabilitation de stations de pompage pour améliorer l’accès à l’eau potable dans les quartiers défavorisés.
Éducation et jeunesse - Construction de nouvelles écoles primaires et secondaires dans les zones rurales.
- Mise en place de bourses provinciales pour les étudiants méritants originaires de la Tshopo.
Santé publique - Réhabilitation de centres de santé communautaires.
- Campagnes de vaccination et de sensibilisation contre les maladies endémiques.
Soutien à l’économie locale - Création de coopératives agricoles et appui aux femmes commerçantes.
- Organisation de foires économiques pour promouvoir les produits locaux.
Ces actions, saluées par la population, ont contribué à redonner confiance aux citoyens dans les institutions provinciales. Elles ont aussi permis à la province de la Tshopo de se repositionner comme une province dynamique, capable de porter des projets structurants.
Une motion de défiance aux contours flous
La motion de défiance ayant conduit à la destitution du gouverneur repose sur des accusations de «mauvaise gestion» et de «mépris envers l’Assemblée». Pourtant, aucun audit indépendant n’a été effectué, et les griefs semblent davantage relever de la perception que de faits vérifiables. Le timing de la procédure, alors que le gouverneur était en mission officielle à Kinshasa, interroge également sur la sincérité du processus.
Plusieurs observateurs dénoncent par conséquent une instrumentalisation de l’Assemblée provinciale à des fins politiques. Certains députés, frustrés par la rigueur du gouverneur dans la gestion des fonds publics et la lutte contre les détournements, auraient vu dans cette motion une opportunité de reprendre la main sur les affaires provinciales.

Un homme injustement écarté
La destitution de Paulin Lendongolia, loin d’être une simple procédure institutionnelle, révèle les tensions profondes qui traversent la gouvernance provinciale en République démocratique du Congo. Elle pose la question de la légitimité des élus à agir dans l’intérêt du peuple, et non selon des agendas personnels.
Si les griefs portés contre le gouverneur ne sont pas fondés sur des preuves tangibles, alors cette destitution constitue une atteinte grave à la démocratie locale.
La population de la Tshopo mérite mieux qu’un théâtre politique. Elle mérite des institutions solides, des dirigeants responsables, et une gouvernance qui ne sacrifie pas l’intérêt général sur l’autel des calculs partisans. La destitution précipitée du gouverneur Paulin Lendongolia, en pleine mission officielle à Kinshasa, illustre les dérives d’une démocratie locale fragilisée par les calculs politiques. Elle prive la Tshopo d’un dirigeant engagé, dont les actions ont commencé à porter leurs fruits, et elle interroge sur la capacité des institutions provinciales à fonctionner dans le respect des principes républicains.
Mais au-delà du cas individuel, c’est la stabilité de toute une province qui est en jeu. Alors que des rumeurs persistantes évoquent des activités subversives des certains acteurs politiques de la ville de Kisangani, déstabiliser la province de la Tshopo serait une erreur stratégique majeure. Le pays ne peut se permettre de fragiliser ses institutions locales au moment où l’unité nationale est plus que jamais nécessaire.
Il appartient désormais au vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, de convoquer en urgence le bureau de l’Assemblée provinciale à Kinshasa, afin de décortiquer les motivations réelles de cette motion et de rétablir l’équilibre institutionnel. Car la démocratie ne peut être un prétexte à la déstabilisation, surtout dans un contexte sécuritaire aussi critique.
La rédaction.
Partager cet article :
- Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp
- Cliquez pour partager sur Telegram(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Telegram
- Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
- Cliquer pour partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
- Cliquer pour imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Imprimer
- Cliquer pour envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail
