Le 15 décembre 2025, l’AFC/M23 publie un communiqué annonçant son retrait d’Uvira. Un texte léché, calibré, presque solennel. Un texte qui parle de paix, de Doha, de bonne volonté. Mais derrière les mots, il y a les faits. Et les faits, eux, ne mentent jamais.
On ne se retire pas d’une ville qu’on n’aurait jamais dû prendre.
Uvira a été conquise après la signature de l’accord de Doha du 15 novembre.
C’est la ligne rouge que le communiqué tente de repeindre en geste de paix.
Une avancée hors‑cadre transformée en concession diplomatique.
Un fait accompli maquillé en bonne volonté.
Quand Washington obtient un retrait, ce n’est pas Doha qui parle.
Le texte évoque une “demande de la médiation américaine”.
Sauf que les États-Unis ne sont pas médiateurs à Doha.
Ils n’ont aucun mandat dans ce processus.
Et pourtant, leur “demande” produit un effet immédiat sur le terrain.
Pourquoi ?
Parce que la ligne de commande ne passe pas par Doha.
Elle passe par Kigali.
Le père reçoit la pression, le fils exécute.
La métaphore de Patrick Muyaya sur « le père et le fils » n’était pas qu’une formule politique.
Le communiqué de l’AFC/M23 en est la démonstration involontaire.
Washington parle au Rwanda.
Le Rwanda parle à l’AFC/M23.
Et l’AFC/M23 s’exécute.
C’est simple.
C’est froid.
C’est la mécanique réelle.
La RDC ne devrait pas attendre des miracles, elle doit attendre la cohérence.
Kinshasa n’a pas besoin de célébrer ce retrait.
Elle n’a pas besoin de fanfare.
Elle a intérêt à seulement demander que les engagements signés soient respectés — par tous.
Et que les garants assument leurs responsabilités jusqu’au bout.
Si une pression américaine peut corriger Uvira,
alors la même pression peut corriger le reste.
C’est ce que la RDC doit exiger.
Rien de plus.
Rien de moins.
Le communiqué raconte la paix. La géopolitique raconte la vérité.
Le retrait d’Uvira n’est pas né à Doha.
Il n’est pas le fruit d’une concession volontaire.
C’est un rappel à l’ordre, imposé pour sauver la façade diplomatique.
Dans les Grands Lacs, les communiqués écrivent l’histoire officielle.
Les rapports de force écrivent la vraie histoire.
Et parfois, comme ici, ils confirment même les métaphores qu’on croyait exagérées.
La rédaction.
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