Kinshasa, 3 juillet 2025.
Pas de chapeaux diplomatiques dorés ni de promesses creuses. Lors du dernier briefing presse co-animé avec le ministre de la communication et des médias,la ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner a assumé une parole rare : claire, nue et sans filtre. Le message ? La paix ne se signe pas à la hâte, elle se construit.
Un accord de paix ? Non. Un levier diplomatique.
« Ce n’est pas un texte magique. » La phrase claque, volontaire. L’accord signé à Washington entre Kinshasa et Kigali n’est ni une fin en soi ni un effacement des blessures. C’est un pari stratégique. L’objectif : désamorcer sans désavouer, avancer sans renier la justice.
À ceux qui crient à l’impunité, la ministre répond en creux : la vérité n’a pas été négociée. Elle est hors du texte, mais au centre de la stratégie.
Désarmement des groupes armés : fin de la récréation
Fini les intégrations en masse dans l’armée. Un revirement majeur. Kayikwamba annonce une ligne claire : réintégration possible, mais conditionnée, au cas par cas, sans passe-droit. Une rupture nette avec les pratiques du passé, souvent perçues comme des compromissions.

Deux processus, une même vision
Washington et Doha ? Plutôt que de les opposer, la ministre choisit de les superposer. L’un traite des États, l’autre des groupes rebelles. Deux volets complémentaires, orchestrés dans une même partition : faire pression sans rompre le fil du dialogue.
Minerais, rumeurs et souveraineté
Non, l’accord de Washington n’a pas vendu le sous-sol congolais au plus offrant. Ni au Rwanda, ni aux États-Unis. La ministre dément toute cession d’actifs ou de licences minières. À la place, un horizon : des projets régionaux concertés, à lancer d’ici trois mois.
Un cap présidentiel réaffirmé
Patrick Muyaya l’a rappelé : ce processus s’inscrit dans une vision présidentielle de stabilité par l’intégration régionale. La paix n’est pas signée, elle est en chantier. Et chaque silence dans le texte est une porte laissée entrouverte… ou une alerte.
À retenir :
La ministre n’a pas défendu un texte, elle a défendu une méthode : lucide, progressive, et sans naïveté.
La RDC n’a pas dit « oui » à tout — elle a dit « on avance, mais les yeux ouverts. »
La rédaction.
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